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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 22:35

 

Le pacte de compétitivité annoncé par Jean-Marc Ayrault le 6 novembre dernier sera soumis au vote de l’Assemblée nationale mardi 11 décembre puis à celui du Sénat quelques jours plus tard. Il consiste en 20 milliards de crédit d’impôt aux entreprises, assis sur la masse des salaires inférieurs à 2,5 SMIC. Ce montant annuel, qui sera atteint en 2014, sera financé à terme par 10 milliards d’économies publiques, 7 milliards de hausse de TVA et 3 milliards de fiscalité écologique. La hausse de 7 milliards de TVA revient à faire payer aux ménages le chèque accordé aux entreprises.

Même si ce projet de loi comprend aussi d’intéressantes dispositions contre la fraude fiscale, c'est bel et bien un crédit d’impôt de 20 milliards sans condition aux entreprises, payé par des économies sur les services publics et une augmentation de l’impôt sur les ménages le plus injuste : une mesure contraire à la vision écologiste, une mesure fondamentale qui n’était pas dans les engagements de François Hollande et encore moins dans les accords politiques EELV-PS, une mesure que le Premier ministre considérait encore il y a mois comme une «erreur», une mesure non préparée, pour laquelle le Gouvernement ne laisse aucune marge de manœuvre au Parlement...

Les députés nationaux écologistes devront évaluer les conséquences de leur vote, en début de mandature ils avaient revendiqué la liberté de leur vote nous leur faisons confiance pour demain.

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 08:29



J’aimerais revenir, ici, sur le malentendu qui s’est développé autour de l’évaluation, par des économistes issus de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), du budget alternatif proposé par Eva Joly.



De quoi s’agit-il ? L’idée de départ, excellente, me semble-t-il, fut de demander à des économistes d’évaluer les propositions économiques des écologistes en utilisant les modèles statistiques développés pour évaluer les effets des politiques économiques sur le long terme, et utilisés par le Ministère des Finances ou le Ministère de l’environnement. Un économiste de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), qui se trouve être adhérent d’EELV, a accepté cette tâche, et a utilisé un modèle statistique qu’il avait lui-même développé, avec trois collègues, au sein de l’OFCE .



Les résultats de cette procédure furent très concluants. Les mesures budgétaires proposées par Eva Joly (réorientation de la fiscalité vers la fiscalité environnementale, investissement public dans les filières vertes et la construction de logements neufs, augmentation des impôts sur les hauts salaires et les revenus du capital) permettraient de sortir efficacement de la crise.

En particulier, comparé au budget voté par le gouvernement en 2011, le budget des écologistes permettrait de créer 400 000 emplois supplémentaires d’ici 2015, entraînant une baisse du taux de chômage à 8,3 % en 2015. Par ailleurs, la mise en œuvre de la fiscalité écologique couplée au plan d'économies d'énergies permettrait une baisse des émissions des gaz à effet de serre. La baisse des émissions de CO2 serait de 32 % d'ici à 2020, ce qui permettrait d'atteindre les objectifs préconisés par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Le budget d’Eva Joly serait aussi efficace concernant la diminution de la dette, permettant de ramener le déficit public sous les 3 % en 2014.

En clair, le budget des écologistes relancerait l’économie, réduirait la dette et les déficits, ferait baisser le chômage, réduirait les émissions de gaz à effet de serre !



Lors de la communication des résultats aux journalistes, Pascal Canfin, député européen et économiste qui avait organisé cet audit indépendant, a fait l’erreur de citer l’OFCE, alors que la décision d’utiliser le modèle était prise par les économistes cités de manière indépendante. Il a aussi ajouter les noms des trois collègues qui préféraient rester anonymes. Il est vrai qu’il faut faire attention quand on utilise le nom d’une structure publique (en l’occurrence l’OFCE) et de professionnels sensés être neutres.

 

Je me permets de copier ci-dessous les explications de Pascal Canfin :



« Comme cela a été explicitement précisé lors de la conférence de presse, ce travail n'engage pas l'OFCE. Il a été réalisé sur un modèle développé par et pour l'OFCE par quatre économistes, dont un est adhérent d'EELV.

A la demande de l'OFCE, et pour lever toute ambiguïté, j'ai modifié la présentation des signataires de l'étude. Dans la version modifiée mise en ligne vendredi, il est précisé que le modèle a été conçu et développé par quatre économistes, mais que seul l'un d'entre eux a réalisé, à notre demande, la simulation. La version initiale présentée mercredi à la presse comportait donc un amalgame dont j'assume la responsabilité, puisque l'important est bien le modèle et non la personne qui y entre les données. Mais cela contrevient aux conventions habituelles dans le monde universitaire comme cela a été relevé sur le blog de l'OFCE. »



Ce que je retiens de tout ça, c’est surtout que EELV est le seul parti qui accepte de soumettre ses propositions de politiques économiques à l’avis d’experts, qui n’ont fait qu’utiliser un modèle statistique neutre. Je retiens aussi que le projet écologiste est parfaitement crédible puisqu’il permet de traiter à la fois les problèmes de dette, d’emploi, de dynamisme économique et d’écologie. Mieux, il est le seul projet qui permet de résoudre la crise aux multiples visages, économique, social et environnemental, qui s’abat sur l’Europe depuis 2008.

 

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Danielle PERSICO - dans ECONOMIE
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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 09:03

 

 

Le Parlement européen vient d'adopter à une large majorité le rapport d'Eva Joly, eurodéputée Europe Ecologie - Les Verts (EELV) et présidente de la commission du Développement, sur la relation entre fiscalité et développement.

 

Communiqué de presse.
Dans un contexte de crise globale, où les pays en développement sont sévèrement frappés par la crise économique et la hausse des prix des matières agricoles, mobiliser les recettes fiscales et stopper leur érosion - qu'elle soit la conséquence de l'existence des paradis fiscaux ou de la baisse des taxes douanières - constituent des enjeux majeurs tout autant qu'un véritable défi.
Eva Joly, rapporteur, ne cachait pas sa satisfaction à l'issue du vote : « Le vote de ce rapport est la première étape parlementaire d'un combat que je mène avec de nombreuses personnes et organisations depuis presque 10 ans. Le rapport voté aujourd'hui donne un signal fort et ambitieux en matière de lutte contre les paradis fiscaux, véritables armes de destruction massive contre le développement des pays pauvres, et représente un solide encouragement pour ceux qui se battent depuis de nombreuses années contre leurs dramatiques conséquences.

Eva Joly : « L'UE doit mettre en place de véritables mécanismes de sanctions vis à vis des paradis fiscaux »


...Plusieurs études le confirment : alors qu'il s'agit d'une source précieuse de financement du développement, très peu a été fait dans le domaine de la fiscalité. Or, des systèmes fiscaux efficaces ne permettent pas seulement de financer des services publics indispensables. En promouvant l'utilisation transparente des recettes publiques, ils sont aussi la base d'un système démocratique plus responsable.
Dans ce rapport nous exhortons l'Union européenne à soutenir les pays pauvres dans l'élaboration de systèmes fiscaux efficaces et à promouvoir la bonne gouvernance dans le domaine fiscal dans le cadre de ses programmes d'aide au développement. En rappelant que mettre un terme aux paradis fiscaux est une étape essentielle du développement de ces pays et doit être la priorité absolue de l'Union Européenne, il met l'UE face à ses responsabilités....

 

 

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Danielle PERSICO - dans ECONOMIE
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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 08:59

Publié par Didier Jouve le 7 Mars 2011

 

Vous êtes certainement nombreux à avoir remarqué que de plus en plus d’objets de notre vie quotidienne ne « durent » pas longtemps. Vous entendez souvent des parents, des amis vous dire que c’était plus solide avant. Toutes ces impressions sont bien réelles et reposent sur une incroyable idée : l’obsolescence programmée. Ce concept est né avec les débuts du capitalisme industriel, dans les années 1920. Les premières ampoules viennent de faire leur apparition avec l’électricité et les ingénieurs les conçoivent durables. Les fabricants d’ampoule créent alors un cartel, « Phoebus », dont l’objectif est de limiter la durée de vie des ampoules par tous les moyens techniques possibles. Le principe est simple : si les ampoules durent trop longtemps, ils n’en vendront pas assez, et l’économie de croissance, pilier du système économique libéral, ne pourra pas se développer.

Au fil des décennies, ce principe s’est étendu à tous les objets de notre vie quotidienne : électroménager, bas et collants, automobile, informatique. Pourtant, on savait faire à l’époque des ampoules quasiment inusables : une de ces ampoules brille aux Etats-Unis depuis 1904 !!

La première voiture fabriquée industriellement, la Ford T, était conçue pour durer de nombreuses années. Un réfrigérateur des années 30 pouvait fonctionner 25 ou 30 ans sans souci.

Seulement voilà, si le consommateur n’achète pas, il n’y a plus de croissance. Tout le système économique actuel est basé sur cette invraisemblable notion : même si vous n’en avez pas besoin, vous devez quand même acheter pour faire tourner la machine économique. On fait la promotion du jetable et du « nouveau permanent » au lieu de celle du durable.

Les produits sont donc aujourd’hui volontairement fabriqués pour ne tenir qu’un temps limité afin que vous en changiez régulièrement.

L’objectif de la publicité n’est pas d’informer ; elle est là pour rendre le consommateur insatisfait du produit qu’il vient d’acheter et pour l’inciter à en changer le plus rapidement possible.

Le leitmotiv des chantres du système libéral est clairement affirmé : « Un produit qui ne s’use pas est une tragédie pour les affaires ».

Cette spirale infernale s’est accélérée avec les nouveaux produits électroniques, informatiques, téléphonie et autre smartphone.

Quelles sont les conséquences de ce mode de production ?

La première c’est le pillage effréné des ressources de notre planète. Là où nous aurions besoin d’un volume limité de matières premières si les produits étaient renouvelés plus lentement, les fabricants pillent les ressources en pétrole, minéraux et métaux pour une course folle à la consommation, artificiellement entretenue par le marketing et la publicité.

La seconde, plus grave encore, c’est la création d’un volume incalculable de déchets.

Mais au fait, où vont tous ces déchets ?

Nous les envoyons massivement dans les décharges de pays en voie de développement, sous couvert de vente de produits d’occasion. On sait bien aujourd’hui qu’un container de matériel informatique d’occasion envoyé au Ghana ne contient en réalité que 10% de matériel réutilisable, le reste étant déversé dans les décharges illégales, à ciel ouvert, de ces pays.

C’est avec ces principes que s’est construit aux Etats-Unis le modèle de  « l’American way of life », c’est-à-dire le bonheur supposé par la consommation sans limite.

Le problème déjà rencontré au court des dernières décennies, c’est qu’il y a une incohérence entre les profits maximum réalisés par les investisseurs et la nécessité que « le peuple » ait assez d’argent pour consommer. On l’a vu dans la dernière crise économique, une consommation en berne et c’est tout le système qui vacille.

En résumé, ce système s’appuie sur trois piliers très simples : la publicité, l’obsolescence programmée et le crédit ; en clair, tout ce qui pousse à consommer, à faire tourner la machine et à produire de la « croissance ».

Ah, la sacro-sainte croissance, égérie de tous les économistes libéraux et de tous les politiques en panne d’idées nouvelles.

La position de l’écologie politique, vous l’aurez compris, est bien différente.

Elle est fondée sur une idée développée par Edgar Morin dans son dernier ouvrage (La Voie aux Editions Fayard) : « Moins, mais mieux ! ».

D’abord, nous refusons le dogme de la société de croissance qui est devenue un bolide sans pilote. Le mur ou le ravin ne sont plus très loin…

Notre vision est celle d’une nouvelle prospérité dans laquelle chacun trouvera la réponse à ses besoins de vie, en respectant la planète et sa capacité finie à nous donner des ressources. Nous croyons dans la croissance de la chimie verte dont l’objectif est de remplacer les processus polluants actuels par des processus ne produisant que des déchets bio dégradables ou pas de déchets du tout.

Nous replaçons l’humain au centre du débat. Il doit reprendre la main sur les capacités de production afin que soient satisfaits tous les besoins essentiels de l’humanité. Ne croyez pas que les OGM vont permettre de nourrir l’ensemble des êtres humains, quand les profits colossaux des multinationales de l’agro-alimentaire sont en jeu, ne croyez pas que l’extraction du gaz de schiste sauvera l’humanité d’un manque prévisible d’énergie fossile.

Les solutions raisonnables et viables que nous proposons sont plutôt de développer une agriculture vivrière, locale et respectueuses des sols, créatrice d’emplois locaux, de renforcer la recherche sur les énergies renouvelables, seules en mesure de solutionner à moyen et long terme les besoins en énergie de notre planète.

Il est indispensable de changer notre perception de la vie pour remplacer le quantitatif par le qualitatif, le plus par le mieux.

Notre volonté, c’est que les humains se réapproprient la satisfaction de leurs besoins, dans un monde plus juste et plus solidaire.


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Danielle PERSICO - dans ECONOMIE
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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 00:46
Ce soir à la réunion de campagne de Saint-Vallier nous avons eu des précisions sur cette entreprise.
GBE est une entreprise de broyage de voitures installée depuis 2003 à côté de Saint-Vallier  en Isère, trois structures existent en France la plus grosse étant celle de Caen.
  Prérequis à savoir  : lors de la construction de voitures les pièces sont marquées pour être recyclées, selon la loi 85% des matériaux automobiles doivent être recyclables.
On peut se demander à quoi cela sert-il puisque la grande majorité des voitures sont broyées sans être dépolluées !
Le  broyage est réalisé avec une énorme machine de 6000 chevaux dont le moteur monte en température à 600°. Cette chaleur bien que sans combustion laisse échapper de grandes quantités de Composés Organiques Volatiles, des produits de combustion comme dans les incinérateurs furanes, dioxines...produits toxiques, cancérogènes..
L'entreprise n'étant pas considérée à risque n'a aucune obligation de contrôle des effluents.
Une Commission Locale d'Information et  de Sécurité a été demandée et refusée.
Que deviennent les résidus de broyage ?? Il semblerait que personne ne le sache même à la préfecture.
GDE devrait apporter ses résidus en décharge classe 2 cela a un coût, aussi les déchets toxiques ont pris un autre chemin que nul ne connait hormis les responsables, et ce sont 100 000 tonnes de déchets qui sont concernés, ça finira bien par se savoir avant qu'il y ait un grave accident.
Note d'espoir, les députés européens, Michèle Rivasi Europe Ecologie , Françoise Grossetête UMP, et Jean-Luc Benhamias Modem  ont fait une lettre au ministre Borloo pour l'informer. Il vient dans la région vendredi prochain, est-ce qu'il s'arrêtera cinq minutes pour comprendre et agir fermement ?
 On en doute car cette entreprise d'après les acteurs  locaux  est un gros financeur de clubs de foot ou de courses hippiques, et d'autres chose aussi !!
On peut aussi se poser la question des effets pervers de la prime à la casse, une fausse bonne idée de Sarkosy à long terme.
La reconversion écologique de ce genre d'entreprise prendra du temps mais peut se faire avec de la volonté politique, le vote de dimanche nous aidera.

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Danielle PERSICO - dans ECONOMIE
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4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 00:03
De nombreuses personnes dont les médecins travaillent les dimanche, j'ai connu cela longtemps et je n'en suis pas morte comme on dit...
Néanmoins la proposition de Sarkosy d'ouvrir les commerces le dimanche me pose question pour plusieurs points.
Ce n'est pas parce que les commerces ouvriront le dimance que les revenus seront augmentés.
La concurrence avec les petits commerces  est déloyale et court à leur disparition.
Cela laisse à penser que nous n'avons d'autres loisirs que de déambuler dans les grandes surfaces les dimanche !!
Cette proposition va être discutée à l'assemblée nationale. Les députés ont besoin du soutien des citoyens pour qu'elle soit annulée. Une pétition circule  accessible  dans :
 jesigne.fr sauvons ledimanche ou sur les site du député vert François de Rugy
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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 11:55

Par Pascal CANFIN responsable de la commission économie des Verts

Cette crise est une crise financière mais c’est aussi une crise des politiques qui ont abouti à cette situation. La libéralisation des marchés financiers, la place folle prise par la finance dans l’économie n’est pas tombée du ciel. Elle est le résultat de décisions politiques prises majoritairement par la droite, mais aussi malheureusement par la gauche, depuis les années 80. L’argent présent sur les marchés financier représente plus de 4 fois le PIB mondial. Pourquoi ? Parce que des politiques publiques ont décidé d’orienter l’argent vers ces marchés ou de ne rien faire pour le redistribuer ailleurs : les entreprises laissent une part toujours plus importante de leurs profits à leurs actionnaires au détriment de leurs salariés, les inégalités sont renforcées par les réformes fiscales qui ont diminué l’impôt payé par les plus riches, comme le bouclier fiscal en France qui vide de son contenu l’impôt sur la fortune au moment où les riches n’ont jamais été aussi riches. Il est plus que temps aujourd’hui de mettre en œuvre d’autres politiques qui apportent des réponses à toutes les crises, financière, mais aussi écologique et sociale.

Justement que proposez vous concrètement ? Et pensez vous que Nicolas Sarkozy fait les bons choix ?

Ne pas sauver le système bancaire serait pire pour l’ensemble de la société et de l’économie. Mais il faut le faire en fixant des contreparties très claires et très fermes, et dire aux banques : les filiales hébergées dans les paradis fiscaux pour échapper aux impôts, c’est fini ; la création de produits financiers totalement inutiles et opaques, c’est fini ; le non respect du droit au compte pour les personnes en difficulté c’est fini. Les rémunérations qui dépassent l’entendement et sans liens avec les résultats économiques, c’est fini. C’est le moment où jamais pour le politique d’imposer ses conditions. Or, sur tous ces points, on entend pas ou très peu Nicolas Sarkozy. Au contraire, le président UMP de l’assemblée nationale a même proposé de permettre aux plus riches qui ont mis leurs capitaux hors de France pour ne pas payer d’impôts de rapatrier leurs capitaux en étant totalement défiscalisé s’ils investissent dans un emprunt d’Etat ! C’est proprement stupéfiant.

En ce qui nous concerne, nous proposons un plan en 4 étapes. Tout d’abord sauver les banques, et donc les dépôts bancaires des épargnants, tout en fixant les contreparties évoquées à l’instant. Cela peut passer par des nationalisations partielles ou totales de certaines banques qui permettent de contrôler directement une partie du financement de l’économie. Ensuite, voter au niveau européen, avant la fin de la mandature du parlement européen, un paquet législatif qui fasse le ménage sur les marchés financiers. Il s’agira notamment de mettre en place une taxe Tobin sur l’ensemble des flux, d’interdire les ventes à découverte qui permettent aux spéculateurs de spéculer sans même avoir besoin d’avoir du capital en poche, de limiter drastiquement la possibilité de transformer des dettes en titres financiers (la fameuse « titrisation » qui est à l’origine de la diffusion des crédits américains subprime à l’ensemble du système financier mondial), de taxer à la source tous les flux financiers à destination des paradis fiscaux identifiés au niveau international, etc… Nous demandons à Nicolas Sarkozy, président de l’Union européenne, de mettre ce paquet législatif à l’ordre du jour du prochain conseil européen dans les prochain jours. Troisième étape qui peut commencer tout de suite : inverser les politiques libérales qui ont conduit à ce que les marchés financiers prennent une place aussi importante. Cela signifie par exemple augmenter l’impôt sur les sociétés pour la part des bénéfices versés aux actionnaires, mettre fin à la fiscalité privilégié des stocks options, mettre en place une taxe exceptionnelle sur les profits pétroliers et gaziers, augmenter les minima sociaux, etc… Et enfin, mettre en place les politiques d’investissements pour lutter contre le changement climatique et nous préparer à la fin du pétrole bon marché. Ces politiques permettront à la fois de réduire la pression que nous exerçons sur l’environnement, créer des emplois au moment où le chômage redevient la première préoccupation des français et redonner du sens à l’économie. C’est tout l’enjeu du Grenelle de l’environnement en France et du paquet énergie climat en Europe, qui peut être voté avant la fin de l’année.

Les entreprises souffrent déjà de l’entrée en récession. Peut on leur mettre des contraintes supplémentaires liées à l’environnement ?

Ce n’est pas parce que les gouvernements n’ont pas su prévoir la crise financière qu’il faut en plus ne rien faire pour résoudre la crise climatique et énergétique. Sinon ce sera le double peine pour les gens comme pour les entreprises. En plus, l’écologie ce sont des centaines de milliers de nouveaux emplois dans les énergies renouvelables, l’isolation des logements, l’invention de nouveaux procédés pour produire avec moins d’énergie, les transports collectifs, l’agriculture de proximité. L’écologie ce sont des solutions pertinentes pour demain et utiles dès aujourd’hui.

Les contreparties que vous posez au sauvetage des banques ne sont pas elles pas utopiques ?

La première leçon de cette crise c’est le retour du politique. Le monstre que le politique a créé à travers trois décennies de dérégulation et de confiance aveugle dans les marchés, le politique peut le défaire. Mais il faut des dirigeants qui acceptent de faire trois choses : coordonner toutes leurs actions au niveau international et européen, sortir de l’idéologie libérale dominante (l’immense majorité des gouvernements des pays riches sont de droite) et avoir le courage de poser leurs conditions aux milieux financiers. C’est ambitieux mais nécessaire. L’utopie c’est au contraire de penser que l’on pourra continuer comme avant une fois la crise passée.

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