A la suite de la série d'incidents et anomalies écoulée dans notre département ces dernières semaines, d'aucuns ont stigmatisé les médias, expliquant à plusieurs reprises que l'écho donné était sans rapport avec les risques encourus.
Cette attitude, de la part de responsables politiques comme d'exploitants nucléaires, nous apparaît au contraire peu responsable : comment afficher une telle désinvolture, alors que les questions posées par ces incidents sont graves ? Comment gommer le fait que ces installations ne traitent pas de la pulpe d'abricot ou de la crème de marrons, mais des éléments radioactifs aux risques d'impact lourds sur l'environnement et la santé ? Comment ne pas adopter une attitude plus exigeante vis à vis de l'Etat et l'autorité de sûreté nucléaire (ASN) ?
Car quelques questions fortes demeurent après les incidents récents :
- comment dans un pays démocratique poursuivre avec un système qui voit l'autorité de sûreté verrouiller l'information ?
- pourquoi l'autorité de sûreté laisse les exploitants sous auto-contrôle ?
- comment cette autorité ne contrôle pas la conformité des tuyauteries vis à vis de la réglementation ?
- comment dans le cas de Romans est-il possible de ne savoir ni la date de la fuite et donc sa durée, ni la quantité d'uranium relarguée ?
- pourquoi le Conseil général, malgré les demandes répétées de la Ville de Romans, n'a toujours pas créé comme la loi l'y oblige une Commission locale d'information, instance au sein de laquelle le suivi et la transparence sur les données correspondantes au site pourraine être assurées ?*
Nous demandons :
- la transmission de toutes les données correspondantes aux carottages dans le sol et aux analyses de suivi pour le site de Romans
- la réalisation d'analyses indépendantes sur des prélèvements d'eau dans des puits à proximité de l'établissement romanais
- la création d'une Commission locale d'information qui dispose de réels pouvoirs de questionnement et d'investigation
- la réorganisation de la sûreté nucléaire, qui doit cesser de dépendre de la seule ASN (qui concentre tous les pouvoirs de gestion, de contrôle et d'information sur la filière nucléaire) pour être placée sous la responsabilité d'un ministre en charge de l'énergie, responsable devant le parlement.
Rappel des faits récents
Il y a deux semaines a été annoncée sur le site de la Socatri/Tricastin une fuite de 30 m3 d'effluents irradiés, correspondant à près de 84 kg d'uranium largués dans le sol et les rivières. Le silence initial assourdissant des responsables ministériels ainsi que des responsables politiques n'a eu d'égal que le confinement de l'information entre les mains des cinq directeurs de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), instance non contrôlée et juridiquement irresponsable : selon l'aveu des autorités, c'est au moins douze heures après l'accident que les populations ont commencé à être informées, et des élus locaux estiment avoir été sous-informés. Suite à la loi dite de « transparence et sécurité nucléaire», force est de constater que les responsables politiques élus dépendent des informations de personnes non élues et juridiquement irresponsables.
Dans la foulée, on « se rappelle » que sur ce même du Tricastin, cela fait plus de 30 ans qu'un dépôt illégal de 770 tonnes de polluants radioactifs et chimiques se maintient, en toute impunité, en violation des règlements fondamentaux de gestion des déchets, principes censés garantir la préservation de l'environnement et la protection sanitaire des travailleurs et du public. Ce dépôt, comme il vient d'être démontré en parallèle de la fuite de la Socatri, relargue des éléments radioactifs dans le sol et dans la nappe voisine. Or ni l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), ni les pouvoirs publics n'ont exigé de mise en conformité et ils continuent au contraire d'accorder aux exploitants de nouvelles autorisations. Le traitement des pollutions passées et le confinement des déchets toxiques devraient constituer un préalable à tout nouveau projet de développement.
Les Verts-Romans
Contact : 06 77 04 23 30
*suite à l'adoption de la loi de juin 2006, décision a été prise de remplacer l'ancienne Commission Locale de l'Environnement par une Commission Locale d'Information conforme à la loi. Mais cela fait plus de 18 mois que l'ancienne commission n'a pas été réunie... sans que la nouvelle ne soit créée !