Le rapport Bocquel sur la prévention de la délinquance juvénile a été remis au gouvernement.
Déjà en 2006 une tentative avait été tentée d'un plan de prévention de la délinquance reposant sur le dépistage des troubles du comportement du jeune enfant. Une mobilisation avait été rapidement organisée grâce au collectif "pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans " amenant le gouvernement à reculer.
Dans le rapport Bocquel les dépistages conduiraient à des tests, des prises en charge médicales, le renforcement des possibilités de suspension des allocations familiales, la stigmatisation des familles mono-parentales, des immigrés et jeunes issus de l’immigration, des personnes analphabètes.
Cette approche nie le développement singulier de l'être humain et l'évolutivité du comportement des jeunes enfants. Faudra-t-il signaler tous les voleurs de cubes à la crèche, ou les bougeons dans les classes pré-élémentaires ?
L'opposition est inhérente au développement de l'enfant dans ses deux et troisièmes années "il doit d'abord savoir dire non avant de pouvoir dire oui", l'intolérance aux frustations, l'impulsivité font aussi partie de périodes du développement du jeune enfant. Le dépistage de ces troubles de comportement aux fins d'assurer l'ordre public est une dérive sécuritaire et pas de la prévention.
Il est par contre essentiel de reconnaître l' enfant en souffrance psychique et de lui permettre ainsi qu'à sa famille un accompagnement dans les domaines social, économique, éducatif, psychologique, médical, en concertation entre les différents intervenants.
Alors que le gouvernement actuel sabre les crédits de l’éducation nationale, des services sociaux, de la justice, de l’éducation
spécialisée, des associations travaillant dans les quartiers, il poursuit la stigmatisation des troubles du comportement des jeunes enfants avec le risque de dérive d'utiliser
la médecine et la psychiatrie en particulier,
pour organiser le contrôle social.