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PREVENTION SECURITE UN COUPLE EN DEBAT


Dès notre arrivée en Mars 2008 nous avons pu constater lors de nos réunions publiques  que la sécurité publique était un souci prioritaire  des Valentinois avec  la propreté urbaine (en particulier les crottes de chiens  cf mon dernier message sur ce blog).

 L'organisation de la prévention spécialisée, de la sécurité avec le rôle de la police nationale, de la police municipale,  le rôle que pourraient jouer les caméras de vidéosurveillance, tous ces sujets  sont  arrivés en discussion de majorité. Comme nous avions besoin d'éclaircissements, pour une décision commune  nous avons fait appel à un spécialiste de la question Laurent Mucchielli  sociologue, directeur de recherches au CNRS,  auteur de nombreux travaux sur la délinquance , leur traitement pénal et  le débat public sur la sécurité. C'est à la lecture d'un de ces livres  « la frénésie sécuritaire » qu'avec Marc Weiler élu en charge de la prévention nous avions proposé la bonne personne pour une formation et éclairer nos lanternes.

Ce qui fut organisé  lundi dernier.
 Je vais essayer de faire un résumé des  grandes lignes de son intervention.

  1 La prévention ne s'oppose pas à la répression.

 Le cliché où la prévention serait les bons sentiments et la répression la fermeté est dépassé.

La répression est le traitement de l'urgence , elle est légitime par principe, peut-être faite de manière plus ou moins intelligente.

Une arrestation ne doit pas provoquer de conséquences plus graves que l'acte délictueux commis.

Le droit pénal est modifié régulièrement ce qui fait varier les déclarations. Pas besoin de gravité médicale pour qu'un coup soit un délit  avec des circonstances aggravantes telles que coup sur mineur, coup porté en réunion, coup au sein de l'établissement scolaire.

De ce fait,  ce qui augmente chez les jeunes dans les dépôts de plainte   ce sont les bagarres dans les établissements scolaires.

 La police de proximité : doit bien connaître le territoire et la population.

L'absence de police de proximité ferait que la répression serait  aveugle.  L'intelligence policière  bien comprise permet de coordonner  tous les métiers de police : de proximité, nationale, judiciaire....

Le fait que l'Etat baisse les effectifs de gendarmes et de policiers impose  que soit bien définie la doctrine d'emploi de la police municipale qui ne doit pas remplacer la police nationale.

 La Justice :

La sanction doit être bien comprise, contre productive si exagérée dans un sens ou dans l'autre. Elle nécessite une bonne connaissance de l'individu.

 La municipalité peut accompagner des mesures comme les TIG ( Travaux d'intérêt généraux) et les mesures de réparation. Ce que nous faisons à Valence.

 La prévention c'est autre chose, ce n'est pas le traitement de l'urgence. Ce sont des actions qui portent à faire baisser le niveau des problèmes, en agissant  sur les mécanismes de déclenchement de la délinquance. Elle ne peut pas être comptabilisée comme les actes nécessitant une répression.

  2 La vidéo surveillance :

 Dans le projet de  loi LOPPSI 2 Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (qui vient d’être adoptée par l’Assemblée nationale le 16 Février 2010  quelle coïncidence !!) la vidéosurveillance sécuritaire devient  une priorité pour la surveillance de l’espace public et des moyens seront alloués. Alors même qu’aucune évaluation n’a été réalisée en France. Le préfet pourra imposer au maire la mise en place de caméras de vidéosurveillance !!

 La vidéosurveillance présente des utilisations différentes.

-La  surveillance d'un espace clos et déserté comme un parking, elle détecte la chose mobile, insolite, un voleur. La caméra n'a d'intérêt que si quelqu'un regarde l'écran et peut alerter pour une intervention qui sera rapide .

-La vidéosurveillance « sécuritaire » utilisée pour surveiller  dans la rue, sur la place publique nécessite des moyens humains énormes puisque une seule personne surveillant 80 écrans ne permettra pas de détecter en temps réel.

Faire cet investissement pour d'aussi faible résultat n'est pas cohérent au vu des budgets des communes qui sont plombés. L'exemple donné par L Mucchielli est celui de Woippy en Moselle mairie UMP. La ville a investi dans le tout sécuritaire, armement de la police outre les armes traditionnelles, les Taser, flashball. La police municipale est plus nombreuse que la police nationale, elle est utilisée comme la BAC(Brigade d’Action Criminelle). Investissement massif dans les caméras de vidéosurveillance. Cette organisation coûte très cher, la ville est 4 fois plus endettée que la moyenne de la strate et la tranquillité n’est qu’une illusion. En effet en  Janvier un jeune est mort et deux sont  dans le coma. Une émeute a suivi le 20 janvier 2010 dont on a peu parlé.

Les résultats de la vidéosurveillance sont connus dans de nombreux pays Grande Bretagne, Canada, USA

effet préventif : nul

effet dissuasif : à terme nul

effet répressif : retrouver 'image du visage d'un braqueur comme preuve judiciaire  quasiment nul.

Entre 1 et 5 % d'élucidations en face d'un coût élevé de plusieurs centaines de millions d'euros.

Si nous avions des doutes sur l’efficacité des caméras de vidéosurveillance, ils sont confirmés mais il faut expliquer.

 3   Axes classiques de politiques de prévention :

 Les familles :

Importance du soutien à la parentalité. Les parents ne sont pas démissionnaires mais sont invisibles dans certaines familles et ont une perte de légitimité dans leurs propres yeux et ceux de leurs enfants. Ils ne demandent qu’à être relégitimés dans leur fonction parentale.

Importance de la prévention des violences intrafamiliales, de la lutte contre l’exclusion, de la médiation entre l’école et la famille.

 Les jeunes :

 La lutte contre l’échec scolaire et l’absentéisme est une priorité d’où l’importance de  l’accompagnement en dehors du temps scolaire.

L’insertion professionnelle est la clef d’entrée pour avoir un revenu, un statut, une identité sociale, ce qui est aujourd’hui très difficile.

Les quartiers :

L’état des quartiers en 2010 n’est pas le même qu’en 1980  trente ans de ghettoïsation se sont écoulés. On ne fera rien sans les habitants tels qu’ils sont .Le soutien aux associations de quartier est important et s’entend même si elles ont un  caractère  communautaire. Ce qui compte c’est la mission qui leur est confiée (soutien scolaire par exemple). Les gens peuvent être dans leur croyance mais au service de la vie publique.

 Organisation politique :

La volonté politique, la motivation, l’implication.

Le partenariat opérationnel dans le cadre du CLSPD communal (Conseil local de la sécurité, et de la  prévention de la délinquance). Il existe mais ne suffit pas, avec les inévitables limites liées au fonctionnement de toutes les institutions partenaires.

 Le bon échelon est celui du quartier. La mise en place de fonctionnements collectifs dans la durée.

Il faut traquer les personnes ressources plutôt que les personnes à problème.

  4 Conclusion de la soirée : Une politique de prévention demande du temps, elle ne se décrète pas. Elle nécessite la construction de relations humaines, de la confiance entre les associations, les éluEs, les habitants... Elle se construit dans l’action commune.

 Un grand merci à Laurent Mucchielli pour cette formation qui va se poursuivre nous l’espérons avec les services concernés.

 Sur le  site http://www.laurent-mucchielli.org vous pouvez avoir d’autres informations et être abonnés à une newsletter. Avoir aussi les références de ses ouvrages.

 

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