Lundi 26 Avril rendez-vous à 10h30 devant la plaque commémorative de la catastrophe de Tchernobyl à côté de la mairie de
Saint-Marcel, en présence de Michèle Rivasi qui tout le monde le sait dans la Drôme a été parmi les premières personnes à dénoncer que le nuage radioactif ne s'est pas arrêté aux frontières de la
France.
Je me souviens qu'en 2006 pour la commémoration des 20 ans de la catastrophe nucléaire, nous avions eu beaucoup de mal à trouver unE
maire qui accepte d'apposer la plaque commémorative près de la mairie. Un seul a accepté parmi les maires des communes de l'agglomération c'est le maire de Saint-Marcel, M. Quet,
qu'il en soit remercié.
Nous lirons un passage du beau livre de
Svetlana ALEXIEVITCH « La supplication »
A l'époque tout le monde disait que nous allions tous mourir. Que, vers l'an 2000, il n'y aurait plus de Biélorusses. Ma fille avait six ans. Je la borde et elle me murmure à l'oreille : « Papa, je veux vivre, je suis encore petite. » Et moi qui pensais qu'elle ne comprenait pas...
Pouvez vous imaginer sept petites filles totalement chauves en même temps ? Elles étaient sept dans la chambre... Non, c'est assez, je ne peux pas continuer ! Lorsque je raconte cela, j'ai l'impression de commettre une trahison. C'est mon coeur qui me le dit. Parce que je dois la décrire comme une étrangère. Ses souffrances ... Ma femme ne pouvait plus supporter de la voir à l'hôpital : « Il vaut mieux qu'elle meure, plutôt qu'elle souffre comme ça ! Ou que je meure pour ne plus voir cela ! Non ! Je peux plus continuer ! Non ! »
Nous l'avons allongée sur la porte... Sur la porte qui avait supporté mon père, jadis. Elle est restée là jusqu'à l'arrivée du petit cercueil... Il était à peine plus grand que la boîte d'une poupée.
Je veux témoigner que ma fille est morte à cause de Tchernobyl. Et qu'on veut nous faire oublier tout cela.