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L'union des écologistes pour l'Europe. La galaxie écolo

On y est presque, les médias ne s'y trompent  pas, les écologistes veulent se rassembler à l'occasion des élections européennes cela a été confirmé par un vote à l'unanimité au parlement des Verts samedi dernier.
Et du coup notre projet intéresse davantage tant mieux...Je ne résiste pas à diffuser  l'éditorial politique de Thomas Legrand ( france Inter) au lendemain du CNIR le 14 septembre 2008.


 La galaxie écolo
En France, le pôle écologiste est en train de naître.
Il se passe en ce moment chez les Verts exactement l'inverse de ce qui se passe
au PS et, il faut bien l'avouer, exactement l'inverse de ce qui se passe d'habitude
chez les Verts depuis des années, puisque dans le mouvement écologiste français,
l'amateurisme politique disputait le pointillisme idéologique. Aujourd'hui, la galaxie
écologiste est en train de se réunir avec les élections européennes comme horizon.
Daniel Cohn-Bendit revient avec son charisme un peu foutraque mais aussi avec
cette capacité à agréger des écologistes séparés depuis longtemps : l'alter mondialiste
José Bové, le médiatique Nicolas Hulot, des responsables de Greenpeace et même
l'austère Eva Joly qui travaille depuis plusieurs années sur les questions d'aide
au développement. Ce ne serait qu'une affiche étoilée de plus s'il n'y avait pas
en même temps l'amorce d'une réflexion de fond.
Ces derniers temps, beaucoup d'idées écologistes ont été reprises, notamment par
le gouvernement.

Mais les responsables écologistes, les responsables d'associations, qu'ils aient participé
au Grenelle de l'environnement ou qu'ils l'aient boudé, ont évolué ces derniers mois.
D'abord, avant le Grenelle et avant que les principaux candidats à l'élection
présidentielle ne défilent devant Nicolas Hulot pour se faire apposer une pastille verte
sur le front ; les écologistes étaient considérés comme de doux rêveurs ou des gauchistes mal dégrossis. Les différents ministres verts qui se sont succédés sur
le pauvre marocain rabattable de l'environnement se bagarraient avec leur maigre
budget. Aujourd'hui, la cause environnementale c'est vrai - est reconnue par tous.
Le ministre de l'environnement est le seul ministre d'Etat, mais le terme
"développement durable" est tellement galvaudé qu'il désigne même l'action de prendre un Vélib ou de fermer le robinet quand on se lave les dents.

Il se trouve que devant ce qui peut apparaître comme leur victoire idéologique,
les écologistes sont nombreux à penser que l'urgence environnementale n?est pas
réellement prise en compte. Nicolas Hulot, qui est très silencieux en ce moment,
laisse parler ses amis. Ces derniers - comme Jean-Paul Besset - se sont rapprochés
des Verts et de Daniel Cohn-Bendit. Nicolas Hulot rejoint ceux qui estiment que la
régulation écologique se heurte au laisser-faire du marché. Celui qui voulait convaincre
les libéraux de promouvoir une croissance dite soutenable met maintenant -dit un de
ses proches- : « de plus en plus en avant l'incompatibilité entre les mesures
nécessaires à l'écologie et le libéralisme ».
Est-ce que cette évolution marque un virage à gauche du mouvement écologiste ?
Ce serait trop simple de le qualifier ainsi. Ils constatent simplement la limite du
concept de croissance soutenable. Le projet de plate forme du pôle écologiste, qui
est en train de naître s'oppose à « l'organisation productiviste, libérale, consumériste
portée par l'idéologie de la croissance ». Donc, la notion de croissance soutenable
est caduque. Les écologistes se rapprochent des théories établies dans les années
70 par l'économiste Nicholas Georgescu-Rogen, développées aujourd'hui par Serge
Latouche. L'idée c'est que la croissance, qui a longtemps permis l'enrichissement et
la répartition est maintenant plus un problème qu?une solution, surtout qu'elle se
heurtera bientôt à la raréfaction des matières fossiles. Alors c'est vrai que ce concept
séduit plus facilement des électeurs de gauche que de droite puisqu'il implique une
certaine régulation par l'Etat. Mais, en même temps, il parait incompatible avec le
programme des socialistes qui se donne toujours comme but la redistribution de
richesses produites dans le cadre du marché et d'une croissance maximum.
Bref, nous sommes à la veille, à gauche d'un débat de fond qui n'a eu d'équivalent que
celui entre communistes et sociaux démocrates après guerre.



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