C'était le titre d'une réunion publique organisée à Beaumont- Les- Valence par l'AMAP Monbeaujardin et la MJC.
L'intervenant était le Docteur Jacques SARTRE, Bactério-virologiste, responsable du laboratoire de microbiologie du Centre Hospitalier de Valence.
Le message est clair mais mal connu :
Des rencontres avec des bactériologistes issus des INRA et des écoles
vétérinaires au sein du "groupe écologie bactérienne"
du CNRS ont permis d'analyser les liens entre usages non médicaux des
antibiotiques et la pandémie de résistance aux anti-biotiques à laquelle nous
sommes confrontés, et qui a toutes les chances de nous priver de quasiment
toutes ressources antibiotiques sur les infections courantes (en particulier
concernant les pyélonéphrites) à échéance d'une décennie. Les données scientifiques sont claires : les bactéries multirésistantes ne sont
désormais plus sélectionnées à l'hôpital mais dans l'éco-système bactérien
global. Mais elles sont mal connues des médecins et du grand public.
Cet infectiologue hospitalier alarme régulièrement ses collègues sur cette
situation et ses conséquences prévisibles mais le message a du mal à être
entendu.
Si nous entendons bien ce qui est expliqué c'est que nous devons modifier
le mode de production intensive de la viande, actuellement 100mg
d'antibiotique sont relevés par kg de viande produite.
Pourquoi ces antibitotiques ? ce n'est pas parce que les animaux sont malades
mais parce que les antibiotiques font grossir les animaux de 5 à 7 % et, pour
les vaches augmentent la capacité de poduction du lait et aussi parce que 30%
des revenus des vétérinaires reposent sur la vente des antibiotiques.
Les échanges internationaux favorisent aussi les résistances aux antibiotiques.
30 % des personnes qui reviennent d'Inde ou d'Asie du Sud-Est sont porteurs
de bactéries multi résistantes.
Ce qui explique que si vous êtes malades au retour de voyage de ces pays on
vous met en quarantaine pour ne pas contaminer tout l'hôpital.
Le Dr Sartre a précisé aussi que 25 000 morts en France seraient expliqués
par les bactéries multi résistrantes, que l'industrie n'apportera pas de
nouveaux antibiotiques dans les années qui viennent, et le risque est de se
retrouver dans quelques années à l'aire pré-antibiotiques.
Les solutions existent elles sont connues par les écologistes :
La rédution de la production et de la consommation de viande est indispensable
tant d'un point de vue sanitaire qu'environnemental (10 kg de céréales sont nécessaires pour produire 1 kg de viande)
Préférer la qualité à la quantité
Le changement des méthodes de production actuellement organisées autour de la
recherche de rentabilité maximale.
Seront soutenus les élevages fondés sur le respect de l'animal, le respect de
l'envionnement et de la santé humaine.
Recommander aux familles d'utiliser le lait les laitages le beurre, les oeufs issus
de l'agriculture biologique ( les antibiotiques ne sont admis que de façon très
règlementée lorsque les animaux sont malades et que rien d'autre ne peut-être faits
pour les soigner).
En tant que pédiatre je pense avoir une responsabilité et j'inscris maintenant sur
les carnets de santé dans les recommandations alimentaires : produits biologiques
pour l'alimentation des jeunes enfants et.... locaux.
Rappel un produit biologique ne contient ni OGM, ni antibiotique, ni hormone de croissance, ni pesticides...