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Evaluation positive du budget 2012 d’Eva Joly



J’aimerais revenir, ici, sur le malentendu qui s’est développé autour de l’évaluation, par des économistes issus de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), du budget alternatif proposé par Eva Joly.



De quoi s’agit-il ? L’idée de départ, excellente, me semble-t-il, fut de demander à des économistes d’évaluer les propositions économiques des écologistes en utilisant les modèles statistiques développés pour évaluer les effets des politiques économiques sur le long terme, et utilisés par le Ministère des Finances ou le Ministère de l’environnement. Un économiste de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), qui se trouve être adhérent d’EELV, a accepté cette tâche, et a utilisé un modèle statistique qu’il avait lui-même développé, avec trois collègues, au sein de l’OFCE .



Les résultats de cette procédure furent très concluants. Les mesures budgétaires proposées par Eva Joly (réorientation de la fiscalité vers la fiscalité environnementale, investissement public dans les filières vertes et la construction de logements neufs, augmentation des impôts sur les hauts salaires et les revenus du capital) permettraient de sortir efficacement de la crise.

En particulier, comparé au budget voté par le gouvernement en 2011, le budget des écologistes permettrait de créer 400 000 emplois supplémentaires d’ici 2015, entraînant une baisse du taux de chômage à 8,3 % en 2015. Par ailleurs, la mise en œuvre de la fiscalité écologique couplée au plan d'économies d'énergies permettrait une baisse des émissions des gaz à effet de serre. La baisse des émissions de CO2 serait de 32 % d'ici à 2020, ce qui permettrait d'atteindre les objectifs préconisés par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Le budget d’Eva Joly serait aussi efficace concernant la diminution de la dette, permettant de ramener le déficit public sous les 3 % en 2014.

En clair, le budget des écologistes relancerait l’économie, réduirait la dette et les déficits, ferait baisser le chômage, réduirait les émissions de gaz à effet de serre !



Lors de la communication des résultats aux journalistes, Pascal Canfin, député européen et économiste qui avait organisé cet audit indépendant, a fait l’erreur de citer l’OFCE, alors que la décision d’utiliser le modèle était prise par les économistes cités de manière indépendante. Il a aussi ajouter les noms des trois collègues qui préféraient rester anonymes. Il est vrai qu’il faut faire attention quand on utilise le nom d’une structure publique (en l’occurrence l’OFCE) et de professionnels sensés être neutres.

 

Je me permets de copier ci-dessous les explications de Pascal Canfin :



« Comme cela a été explicitement précisé lors de la conférence de presse, ce travail n'engage pas l'OFCE. Il a été réalisé sur un modèle développé par et pour l'OFCE par quatre économistes, dont un est adhérent d'EELV.

A la demande de l'OFCE, et pour lever toute ambiguïté, j'ai modifié la présentation des signataires de l'étude. Dans la version modifiée mise en ligne vendredi, il est précisé que le modèle a été conçu et développé par quatre économistes, mais que seul l'un d'entre eux a réalisé, à notre demande, la simulation. La version initiale présentée mercredi à la presse comportait donc un amalgame dont j'assume la responsabilité, puisque l'important est bien le modèle et non la personne qui y entre les données. Mais cela contrevient aux conventions habituelles dans le monde universitaire comme cela a été relevé sur le blog de l'OFCE. »



Ce que je retiens de tout ça, c’est surtout que EELV est le seul parti qui accepte de soumettre ses propositions de politiques économiques à l’avis d’experts, qui n’ont fait qu’utiliser un modèle statistique neutre. Je retiens aussi que le projet écologiste est parfaitement crédible puisqu’il permet de traiter à la fois les problèmes de dette, d’emploi, de dynamisme économique et d’écologie. Mieux, il est le seul projet qui permet de résoudre la crise aux multiples visages, économique, social et environnemental, qui s’abat sur l’Europe depuis 2008.

 

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J
Je n'ai jamais dit qu'AUCUN propriétaire n'est en situation de survie économique.<br /> Je dis que la MAJORITÉ des propriétaires n'est pas en situation de survie économique.<br /> Au contraire, 20% des ménages gagnant entre 500 et 1000 euros sont propriétaires, contre 65% des ménages gagnant entre 3000 et 5000 euros.<br /> L'utilisation de contre exemples (minoritaires) (l'étudiant propriétaire ou le smicard propriétaire) n'aide jamais à la compréhension de la réalité sociale, ni, du coup à la décision politique.<br /> En la matière, demander aux propriétaires de faire un investissement (rentable) pour isoler leur logement, c'est le demander aux plus riches des Français principalement. Sans compter que personne<br /> ne parle de les y obliger. Il s'agit juste de les y inciter fortement.
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S
Je connais des smicards qui sont propriétaires .Ils ont préféré acheter plutôt que louer au même prix.<br /> <br /> Je connais des retraités qui vont aux Restos du Coeur .Revendre leur maison ne leur permettra pas d'acquérir un logement plus petit aux charges exorbitantes .<br /> <br /> Je connais des étudiants propriétaires ou nu-propriétaires d'un logement hérité d'un ou de leurs deux parents décédés. Le cancer tue.<br /> <br /> Ils sont tous en situation de survie économique .Negawatt est pour eux une autre planète
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J
quelques éléments de réponse :<br /> Sur la proportion des différents groupes sociaux que vous citez inscrits à EELV, je n'en sais rien. Il ne me semble pas qu'elle soit bien différente des autres partis, hélas (si vous croyez encore<br /> que le PS ou le Front de gauche, sans parler de l'UMP, sont emplis d'ouvriers et de précaires, je vous encourage vivement à lire les travaux passionnants de Rémi Lefebvre et Fréderic Savicki, ou de<br /> Florence Haegel). Sans doute la moyenne d'âge est-elle plus basse qu'ailleurs, ceci-dit, mais c'est la seule hypothèse que je ferai.<br /> Sur les artisans adhérents à Negawatt, je pense qu'ils ne sont pas nombreux parce que ce n'est pas leur rôle. Cela étant, de plus en plus d'artisans du bâtiment comprennent les enjeux de l'économie<br /> d'énergie et les pratiques commencent à changer.<br /> Mais plus généralement, vous oubliez que les propriétaires (ceux à qui on demanderait un investissement de rénovation qui, je le rappelle, est rentable sur le long terme), ont un revenu médian<br /> largement supérieur au revenu médian de l'ensemble des Français (je n'ai trouvé les chiffres que pour la Bretagne, où le revenu des propriétaires est 80% supérieur à celui des locataires<br /> http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=2&ref_id=15945).<br /> En fait, il y a peu de "retraités bénéficiaires des Restos du Coeur", très peu d'"ouvriers smicards", et encore moins d'"étudiants" qui sont propriétaires. La charge initiale de l'investissement ne<br /> péserait donc pas sur eux.<br /> Pour le reste, personne ne dit que cela se fera d'un coup de baguette magique. C'est juste que, tant qu'à faire de la politique, autant essayer d'aller dans le bon sens (ça nous changerait).<br /> Bien à vous,
Répondre
M
Merci JCC pour votre schéma intellectuel bien construit.<br /> <br /> Quelle est la place des inévitables avatars humains et économiques dans cette progression linéaire lisse ? elle suppose de disposer de confortables revenus et d'un emploi si possible garanti à vie<br /> .<br /> <br /> Quelle est la proportion de chômeurs,d'étudiants et de retraités inscrits aux Restos du Coeur ainsi que celle d'ouvriers et d'employés smicards dans l'électorat EELV et la clientèle actuelle des<br /> artisans adhérents à negawatt?
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J
Cher Monsieur ou Madame Insee, Yaka, et al.,<br /> <br /> Un tour sur le site de référence de la planification et de la prospective énergétique et économique (http://www.negawatt.org/batiment-p88.html#B3) vous permettrait de comprendre que, loin d'être du<br /> "yaka", la proposition d'investir dans la rénovation des bâtiments est un investissement rentable, facilement financé si tant est que la volonté politique existe. Les Allemands (ils sont vraiment à<br /> la mode en ce moment ceux là) rénovent déjà 300 000 logements par an, selon des critères BBC extrêment stricts. C'est exactement ce que propose EELV.<br /> Je me permets donc de coller ci-dessous la réponse faite par les chercheurs du scenario negawatt à la question du financement.<br /> <br /> Combien coûtera le grand programme de rénovation thermique des logements, et comment pensez-vous qu’il soit possible de le financer ?<br /> <br /> Avant de répondre à cette question, il faut rappeler que l’investissement dans la rénovation du parc bâti a ceci de particulier qu’il va rapporter de l’argent grâce aux économies d’énergie faites,<br /> et cette économie financière sera chaque année plus importante eu égard à l’augmentation mécaniquement inéluctable du prix de l’énergie due au passage en 2009 par le pic pétrolier de Hubbert<br /> (déclaration du Premier Ministre le 5/4/2011 à l’Assemblée Nationale). Mais la rénovation thermique est aussi une revalorisation patrimoniale des logements : en Suisse, un logement à très basse<br /> consommation se vend, toutes choses égales par ailleurs, 10 % plus cher qu’un logement ordinaire. En d’autres termes, rénover un logement puis le revendre pourrait déjà constituer une plus value en<br /> soi. Ce n’est évidemment pas le but, mais cela doit rassurer en se disant que l’investissement de la rénovation sera récupéré dans la réduction des charges d’énergie payées d’une part, et dans la<br /> revente du bien ultérieurement d’autre part.<br /> <br /> Ceci pour dire que le financement dans la rénovation thermique ne pourra être vu par les banquiers comme comportant un risque. Il n’y aura aucun risque dans ces financements, et il ne serait pas<br /> compréhensible que les prêts octroyés soient assis sur des garanties de revenus. Au contraire, grâce à ces prêts, le client verra très rapidement sa solvabilité s’améliorer. A fortiori, les classes<br /> sociales les plus défavorisées ne pourront pas être l’objet d’un ostracisme déplacé puisque la rénovation améliorera leur solvabilité. Tous ceux qui rénoveront « s’enrichiront ».<br /> <br /> Voyons maintenant quels sont les besoins en financement de ce programme de travaux et comment ils pourraient être satisfaits. Les logements construits avant 1975 ont une surface moyenne de 72 m².<br /> Si on veut rénover 1.000.000 d’équivalents logements d’avant 1975 (ce qui permet d’inclure des surfaces de bureaux), que le prix de la rénovation est de 250 € TTC/m², il faut mobiliser 18 milliards<br /> chaque année.<br /> <br /> Est-ce que cette somme est très élevée ? Oui et non. Elle peut paraître très importante à chacun d’entre nous, mais si on la compare à titre d’exemple aux bénéfices cumulés en 2010 de Total (10,3<br /> MD €) et de la BNP (7,8 MD €), les montants sont identiques. On peut aussi la comparer aux 83 MD € de bénéfice du CAC 40 la même année ou aux 40 MD € perdus chaque année par la France à cause de<br /> l’existence des paradis fiscaux. Ce montant de 18 MD € représente aussi 15 % du chiffre d’affaires annuel du secteur Bâtiment. Ce n’est donc finalement pas une somme si importante que cela….<br /> <br /> Et si on arrivait à la mobiliser, quel serait finalement le bilan économique de ce programme de rénovation ?<br /> <br /> Supposons dans un premier temps que l’Etat n’intervienne pas dans le financement (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui). Supposons aussi que l’économie d’énergie générée soit de 250 kWh/m²Shab/an,<br /> et que le particulier finance la totalité au moyen d’un emprunt sur 20 ans à 4,5%, avec un coût actuel du kWh de 0,06 € et une hausse annuelle de 5% en euro constant. Il faudra attendre la 11ème<br /> année pour que le solde dépenses/économie devienne positif, et c’est la sixième année que le déficit cumulé sera le plus important avec 960 € (ce qui reste modeste !).<br /> <br /> Si le montant des travaux était de 300 €TTC/m², il faudrait attendre la 18ème année pour que le solde dépenses/économie devienne positif, et c’est au bout de 9 ans qu’avec 3000 € le déficit cumulé<br /> serait le plus élevé. Imaginons maintenant que la dérive du prix de l’énergie ne soit pas de 5 mais de 8%/an. Toute chose égale par ailleurs, l’équilibre serait atteint la 12ème année, le bénéfice<br /> serait de 16 k€ la 20ème et de 89 k€ la 30ème.<br /> <br /> Pour rendre ce programme plus attrayant, notamment afin d’accéder à un équilibre budgétaire en moins de trois ans, on voit qu’il serait souhaitable, et légitime, que l’Etat s’engage. Il l’est déjà<br /> en partie avec l’ECO PTZ et le crédit d’impôts.<br /> <br /> Si on suppose donc ces 18 MD € financés par un ECO PTZ maximum de 30.000 euros sur 15ans (mais en moyenne 18.000 suffisent), on n’aurait pas besoin de compléter avec un emprunt classique. Avec un<br /> prix actuel de l’énergie de 6 cts €/kWh, une hausse annuelle de ce prix de 5 %/an en euro constant, et une économie d’énergie de 250 kWh/m²Shab/an, le solde cumulé annuités d’emprunt/économie<br /> d’énergie deviendrait positif dès la sixième année, et il serait de 17.700 € au bout de 20 ans et de 54.000 € au bout de 30 ans. Le déficit cumulé le plus important serait de 200 € la troisième<br /> année.<br /> <br /> Mais bien sûr, l’État ne pourrait pas financer autant de prêts à taux zéro. Qui pourrait le faire ? A priori personne sauf à se considérer en guerre contre le climat et à utiliser les moyens<br /> mobilisés en période de guerre, à savoir la réquisition ! On pourrait alors demander au secteur boursier d’avancer chaque année ce prêt de 18 milliards d’euros qui serait évidemment remboursé, mais<br /> avec un taux d’intérêt nul. En termes d’équité, à l’heure où les inégalités sont de plus en plus difficiles à supporter et conduisent à des tensions chaque jour plus importantes dans le pays, on<br /> pourrait considérer cette mesure comme un rééquilibrage, et ce d’autant plus que l’enjeu serait d’échapper à la dérive du climat, ce qui reste une excellente raison, notamment pour les générations<br /> futures !<br /> <br /> Si toutefois pour des raisons diverses la classe politique n’adoptait pas une telle mesure, il faudrait alors supposer un plafonnement de l’ECO PTZ, par exemple à 5000 €/logement, mais accessible à<br /> la totalité des logements à rénover, ainsi qu’une subvention par exemple de 3000 €/logt (correspondant au crédit d’impôt Développement Durable). Pour l’Etat, ce serait un effort double de celui<br /> consenti actuellement sur l’ECO PTZ puisqu’il en a budgété 200.000 d’un montant moyen de 9800 € (soit 2 MD €). Si le particulier devait financer le solde avec un emprunt à 4,5% sur 20 ans, le solde<br /> cumulé annuités d’emprunt/économie d’énergie deviendrait positif dès la seconde année (la première année aurait coûté…22 € au propriétaire), et il serait de 15.000 € au bout de 20 ans et de 51.000<br /> € au bout de 30 ans !<br /> <br /> Supposons enfin que l’Etat ne veuille pas augmenter le coût actuel de son ECO PTZ et le limite donc à 2000 €/logt attribué à un million de logements rénovés par an. Avec les mêmes hypothèses que<br /> précédemment (notamment une subvention de 3000 €/logt), le bilan est positif dès la 3ème année, et le solde positif s’élève à 13,7 k€ après 20 ans et 49,8 k€ après 30 ans. Ce montage fonctionne de<br /> manière acceptable dans cet exemple, mais il est très sensible à une dérive éventuelle du coût des travaux. Si par exemple le coût des travaux était de 300 €TTC/m² au lieu de 250, le bilan ne<br /> serait positif que la 12ème année et le solde négatif maximum atteindrait 1100 € la sixième année.<br /> <br /> Tout ce qui précède ne tient pas compte du dispositif des Certificats d’Economie d’Energie dont l’apport (en fin de travaux malheureusement…) serait de l’ordre de 1000 à 1500 euros/logement.<br /> <br /> En conclusion, et pour autant qu’on arrive à contenir les prix des travaux de rénovation thermique au niveau où ils se situent aujourd’hui, on voit que le financement d’un grand programme de<br /> rénovation ne poserait pas de problème particulier dès lors que la volonté politique de le mener à bien existerait. L’effort à consentir par l’État serait probablement plus élevé que celui consenti<br /> actuellement, mais cet effort ne serait que de deux ou 3 milliards de plus par an. Ce faisant, tout propriétaire, quel que soit son revenu, aurait accès à des travaux de rénovation qui lui<br /> rapporterait de l’argent pratiquement dès la première année. Il s’ensuit que même les populations les plus défavorisées auraient accès dans ces conditions à la rénovation thermique de leur<br /> logement.
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