J’aimerais revenir, ici, sur le malentendu qui s’est développé autour de l’évaluation, par des économistes issus de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), du budget alternatif proposé par Eva Joly.
De quoi s’agit-il ? L’idée de départ, excellente, me semble-t-il, fut de demander à des économistes d’évaluer les propositions économiques des écologistes en utilisant les modèles statistiques développés pour évaluer les effets des politiques économiques sur le long terme, et utilisés par le Ministère des Finances ou le Ministère de l’environnement. Un économiste de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), qui se trouve être adhérent d’EELV, a accepté cette tâche, et a utilisé un modèle statistique qu’il avait lui-même développé, avec trois collègues, au sein de l’OFCE .
Les résultats de cette procédure furent très concluants. Les mesures budgétaires proposées par Eva Joly (réorientation de la fiscalité vers la fiscalité environnementale, investissement public dans les filières vertes et la construction de logements neufs, augmentation des impôts sur les hauts salaires et les revenus du capital) permettraient de sortir efficacement de la crise.
En particulier, comparé au budget voté par le gouvernement en 2011, le budget des écologistes permettrait de créer 400 000 emplois supplémentaires d’ici 2015, entraînant une baisse du taux de chômage à 8,3 % en 2015. Par ailleurs, la mise en œuvre de la fiscalité écologique couplée au plan d'économies d'énergies permettrait une baisse des émissions des gaz à effet de serre. La baisse des émissions de CO2 serait de 32 % d'ici à 2020, ce qui permettrait d'atteindre les objectifs préconisés par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Le budget d’Eva Joly serait aussi efficace concernant la diminution de la dette, permettant de ramener le déficit public sous les 3 % en 2014.
En clair, le budget des écologistes relancerait l’économie, réduirait la dette et les déficits, ferait baisser le chômage, réduirait les émissions de gaz à effet de serre !
Lors de la communication des résultats aux journalistes, Pascal Canfin, député européen et économiste qui avait organisé cet audit indépendant, a fait l’erreur de citer l’OFCE, alors que la décision d’utiliser le modèle était prise par les économistes cités de manière indépendante. Il a aussi ajouter les noms des trois collègues qui préféraient rester anonymes. Il est vrai qu’il faut faire attention quand on utilise le nom d’une structure publique (en l’occurrence l’OFCE) et de professionnels sensés être neutres.
Je me permets de copier ci-dessous les explications de Pascal Canfin :
« Comme cela a été explicitement précisé lors de la conférence de presse, ce travail n'engage pas l'OFCE. Il a été réalisé sur un modèle développé par et pour l'OFCE par quatre économistes, dont un est adhérent d'EELV.
A la demande de l'OFCE, et pour lever toute ambiguïté, j'ai modifié la présentation des signataires de l'étude. Dans la version modifiée mise en ligne vendredi, il est précisé que le modèle a été conçu et développé par quatre économistes, mais que seul l'un d'entre eux a réalisé, à notre demande, la simulation. La version initiale présentée mercredi à la presse comportait donc un amalgame dont j'assume la responsabilité, puisque l'important est bien le modèle et non la personne qui y entre les données. Mais cela contrevient aux conventions habituelles dans le monde universitaire comme cela a été relevé sur le blog de l'OFCE. »
Ce que je retiens de tout ça, c’est surtout que EELV est le seul parti qui accepte de soumettre ses propositions de politiques économiques à l’avis d’experts, qui n’ont fait qu’utiliser un modèle statistique neutre. Je retiens aussi que le projet écologiste est parfaitement crédible puisqu’il permet de traiter à la fois les problèmes de dette, d’emploi, de dynamisme économique et d’écologie. Mieux, il est le seul projet qui permet de résoudre la crise aux multiples visages, économique, social et environnemental, qui s’abat sur l’Europe depuis 2008.